Mai 02 2016

QUAND LES ÉLÈVES DE SAINTE-CLAIRE VIVENT DES EXPÉRIENCES CULTURELLES…

LE THÉÂTRE

AU CŒUR DE L’ACTUALITÉ

Dans le cadre du cours de français, les élèves sont de plus en plus sollicités à prendre part à la vie culturelle, notamment en participant à des spectacles sur lesquels ils sont par la suite amenés à émettre un avis critique. Voici les travaux réalisés par des élèves à propos de deux représentations théâtrales.


Avec les classes de 5TQ de l’Institut Sainte-Claire, nous avons assisté à une représentation de la pièce Djihad le jeudi 15 octobre. Nous y étions invités par le CRVI à l’occasion de leur 20e anniversaire. J’aimerais vous partager mon avis sur quelques aspects.

Tout d’abord, la pièce se déroulait à l’Espace Duesberg, la salle adaptée au théâtre du Cinepointcom de Verviers. D’autres écoles étaient également présentes. Trois acteurs se partageaient la scène : Reda Chebchoubi, James Deano et Ismaël Saïdi, qui est également le metteur en scène. Sans oublier Shark Carrera, la jeune présentatrice du spectacle. La représentation s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur. L’ambiance était agréable mais changeante puisque certains moments de la pièce étaient vraiment poignants ; le calme surgissait alors et la salle, envahie par un sentiment de compassion et de peine, retenait son souffle.

Nous avons ensuite eu l’occasion d’assister à un débat avec Ismaël Saïdi, Nordin Smaili (Président de l’Exécutif des musulmans), Mohssin El Ghabri (politologue) et Jacques Bredael (journaliste), qui tenait le rôle du modérateur. Le débat s’est déroulé dans un climat de respect et d’écoute ; les échanges étaient faciles et ce qui en ressortait était vraiment intéressant.

Les contextes de la pièce et du débat présentés, je vais à présent vous donner mon avis sur cette expérience.

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La pièce m’a beaucoup plu. Je dois bien avouer que ce qui m’a le plus touchée, c’est la fin, cette fin où Ismaël ne sait plus ce qui est bien ou mal, ce qui laisse place à notre propre questionnement à propos du choix existentiel entre la vie et la mort. Ensuite, je ne cesse de me souvenir de la mort de Michel, un chrétien arabe qui avait sympathisé avec les trois « apprentis djihadistes ». J’ai trouvé ce passage particulièrement bouleversant et interrogateur. Ces scènes et quelques autres nous plongeaient dans le spectacle et je me souviens d’avoir ressenti des pincements au cœur lors des décès successifs des différents protagonistes. Douleur, tristesse, j’ai été confrontée à un déferlement d’émotions. Par-delà les émotions, j’ai également apprécié la pièce pour l’efficacité du message transmis. Elle permet d’avoir des réponses à un tas de questions (comme celles que je me posais avant la représentation d’ailleurs), mais plus encore, de s’identifier à l’Autre, d’être en mesure de le comprendre et de se mettre à sa place, en-dehors de tout jugement et de tout clivage.

Le débat qui a suivi fut lui aussi très instructif. Les personnes présentes étaient qualifiées pour répondre à nos questions, ce qui a rendu cet échange très enrichissant. Le débat était fluide et organisé grâce au modérateur. Par ailleurs, chacun était ouvert d’esprit et j’ai beaucoup aimé le souffle de tolérance qu’ils nous ont transmis.

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Pour terminer, je me posais plusieurs questions avant la représentation et mes attentes ont été satisfaites. Premièrement, « Pourquoi les jeunes partent faire le djihad ? ». Grâce à la pièce, qui a proposé plusieurs hypothèses concernant les raisons de départ, j’ai pu comprendre ce qui se passait dans la tête de ces jeunes aux parcours bien différents. Deuxièmement, « Est-ce que cette pièce a un but éducatif ? ». Je suis toujours étonnée de la réponse qui a été donnée par Ismaël Saïdi. En effet, après avoir vu la pièce, j’aurais pensé que oui mais il nous a affirmé qu’à la base, ce n’était pas son intention. Sa création ne visait même pas les jeunes ou un public précis, il l’avait écrite pour tous. Troisièmement, « Quels aspects du djihad sont présentés dans la pièce ? ». C’est le côté négatif qui ressort le plus même si au début les personnages se montrent positifs et heureux de partir. Au final, le personnage principal (Ismaël) finit clairement par regretter son choix qui l’a conduit à sa perte.

En conclusion, je tenais à dire que cette pièce a totalement comblé mes attentes et m’a permis d’avoir une plus grande ouverture d’esprit. J’avais principalement envie de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête de ces jeunes radicalisés et ça a bien été le cas !

Elodie Outers 5TQ Infographie


CRITIQUE DU SPECTACLE LES BARBARES DE LA COMPAGNIE HAMADI

Les Barbares, c’est l’histoire d’un homme qui a eu une enfance dure, qui a subi la violence de son père et la perte de sa mère, mais qui a su se relever et rester debout. Un élément déclencheur survenu dans sa sphère familiale va le pousser à fuir la misère.

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Avec les élèves de 6P de l’Institut Sainte-Claire, nous avons eu l’occasion d’assister à la représentation de la pièce Les Barbares, un spectacle créé par la compagnie Hamadi et interprété par le comédien Soufian El Boubsi. Cette pièce s’adresse à un public large à partir de 15 ans. Elle parle de l’immigration, de la difficulté du sort des migrants, du manque d’humanité et de solidarité. La pièce faisait partie de la programmation du Théâtre de Liège, où nous avons assisté à la représentation scolaire, le jeudi 29 octobre, dans la salle « de l’oeil vert ».

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Le personnage mis en scène a beaucoup souffert dans son pays : son père, qu’il surnommait « le monstre », était violent et il a perdu sa mère, le seul être qui l’aimait, lorsqu’il était encore jeune. Un jour, il devient père à son tour, ce qui le pousse à partir car de mauvais souvenirs remontent à la surface. Il ne veut pas devenir un monstre à son tour, alors il décide de fuir la misère. Il se sentait libre de quitter son pays natal mais une fois arrivé, il ne se sent pas compris dans son pays d’accueil. Lui qui pensait fuir la misère va se retrouver dans un pays où il n’a pas sa place. Cela va le pousser à commettre l’irréparable.

J’ai beaucoup apprécié le spectacle.

Premièrement, le comédien a une réelle compétence car il a su rentrer dans la peau du personnage, ça ne sonnait pas faux, on avait l’impression qu’il racontait sa propre vie car il nous faisait ressentir toutes ses émotions. Malgré sa voix cassée, il a assumé le spectacle jusqu’à la fin et le show a été réussi.

J’ai aussi apprécié l’originalité du spectacle car le comédien était en scène avec une malle en main et une cage d’oiseau suspendue. La malle contenait une corde et Soufian El Boubsi a su nous jouer un spectacle d’une heure quart rien qu’avec ces trois objets. La malle a tantôt représenté la tombe de sa mère, tantôt un tam-tam, tantôt un bateau et encore plein d’autres réalités. La cage d’oiseau représentait quant à elle l’enfermement, à l’image du personnage qui se sent prisonnier et qui n’arrive pas à se délivrer. Il y avait aussi un jeu de lumière qui, à un moment donné, traçait des rails de chemin de fer et j’ai trouvé ça très innovant.

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Pour finir, j’ai aimé la façon dont j’ai été absorbée dans la pièce alors que le vocabulaire était parfois difficile. J’étais tellement plongée dans le spectacle que j’arrivais à comprendre l’ensemble et que je ne prêtais pas attention au langage parfois soutenu du texte. Au début, Soufian El Boubsi avait un débit fort rapide parce que son personnage était en colère mais ça ne nous a pas empêchés d’accrocher rapidement à la pièce.

En conclusion, je conseille à tout le monde de voir un jour cette pièce car c’est vraiment un moment de divertissement malgré la dureté du thème abordé. Le spectacle m’a apporté de l’émotion, j’ai eu les larmes aux yeux lors de certains passages. Je ne regrette pas un instant d’avoir fait le déplacement !

Caroline Hauglustaine
6P AF

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